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La maîtrise de l'eau

Les techniques hydrauliques ont très tôt préoccupé les civilisations de l’Orient et de l’Occident médiéval qui dépendaient étroitement de l’irrigation et de l’adduction d’eau pour le développement agricole et urbain. Les systèmes d’irrigation et d’approvisionnement en eau hérités de l’époque antique furent perfectionnés.

Les canaux faisaient partie des grands systèmes d’irrigation.
Al-Istakhrî au IVe H. / Xe ap. J.-C. s’étonne encore des énormes réseaux de canaux installés autour de la ville de Bassorah. En Espagne, les principaux systèmes d’irrigation réalisés le long du Guadalquivir sont des réalisations arabes, même s’il en existait aux époques romaine et wisigothique. Les califes s’employaient à les développer et à les maintenir en état, car les canaux étaient le fer de lance d’une agriculture prospère. Les canaux servaient aussi à amener l’eau en ville où elle était stockée dans un réservoir qui alimentaient les bains (hammâms), fontaines, habitations privées, jardins, etc.

Les aqueducs étaient destinés à acheminer l’eau vers la ville pour la consommation de ses habitants et permettre une irrigation de la campagne environnante. Il y en avait beaucoup en Perse ou en Espagne musulmane (al-Andalus).

Au Caire, une nouvelle prise d’eau avec machine élévatoire sur le Nil fut construite au Xe H. / XVIe siècle ap. J.-C. pour être plus près de la Citadelle où résidait le calife. On édifia également un aqueduc au tracé plus direct.

Aqueduc de Ghawrî
1507-1508 ap. J.-C.
Le Caire

L’historien voyageur Maqrizi décrit ainsi les canaux construits au Caire au VIIIe H./ XIVe ap.J.-C.:

«
Au début du XIVe, on commença à creuser le canal Nasiri pour acheminer grains et nourriture. Un village se constitua autour du noyau installé par Nasir. L’historien Ibn Tagghri Birdi le qualifia de « grande ville » (…)
Le creusement du canal Nasiri était-il lié à la construction de la khanqa de Siriyaqus ou également au désir de rapprocher du Caire une source d’eau pouvant suppléer celle du Khalig souvent ensablé et au souci de préparer de ce côté le développement urbain ?
Le travail confié à l’émir Arghun, fut accompli entre le 15 avril et le 12 juin 1325. (…) Ce canal, long de plus de 5 km, était assez important pour que puissent circuler des barques et des cargaisons destinées à Siriyaqus et des embarcations de plaisance (…)Il permit aussi d’installer des roues à eau (saqiya) pour irriguer les jardins et apporta de l’eau à Birkat al-Ratli, qui allait se développer comme un lieu de villégiature estivale.(..) Sept ponts furent aménagés sur le canal entre 1325 et 1376. Des ponts furent également construits sur l’ancien Khalig, s’ajoutant à ceux déjà aménagés sous les ayyoubides.
»

Maqrizi, Khitat, II, pp.146-148


Les norias, formées d’une grande roue en bois munie de palettes, fonctionnaient naturellement grâce à la force du courant d’un fleuve ou d’une rivière. Celles de Hama sur la rivière Oronte (Syrie actuelle) amenaient l’eau vers un aqueduc qui la transportait jusqu’à la ville. L’usage des norias s’est largement répandu dans le monde musulman. Les norias à manège étaient actionnées par des animaux : une roue horizontale met en mouvement une roue verticale munie d’un chapelet de godets, de jarres ou de seaux.
D’autres systèmes d’élévation de l’eau, hérités de l’Antiquité étaient utilisés, dont le système simple du chadouf daté de 2500 ans avant J. -C.

Pompe à eau
Al-Jazarî,
Le recueil utile sur la théorie et la pratique de l’art des procédés ingénieux
Le Caire, Bibliothèque nationale d’Egypte, sinaa taymur 37

Al-Jazarî dans Le recueil utile sur la théorie et la pratique de l’art des procédés ingénieux décrit et illustre une pompe à eau au fonctionnement plus complexe (sâqiya). D’un usage quotidien dans l’Islam médiéval, elle permettait de monter l’eau d’un puits grâce à un système de rouages actionné par un animal en mouvement.


La maîtrise de l’eau passait aussi par le contrôle du fleuve. En Egypte, le nilomètre permettait de mesurer les crues du Nil, mais aussi de régulariser et de redistribuer l’eau. Il avait également une fonction économique, puisqu’il déterminait l’impôt foncier annuel (al Kharadj). Le Nilomètre de Rhoda fut achevé en 247 H. / 861-862 ap. J.-C. La crue était mesurée à l’aide de la colonne graduée divisée en 22 coudées de 54 cm en moyenne.

Nilomètre de Rhoda
Le Caire, Egypte

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