observer la nature
retour observer

page précédente


Les plantes

La botanique était une science de première importance : les plantes étaient étudiées tout d’abord pour leur usage, en agriculture, en médecine, en parfumerie et en cuisine.
Au IIIe H. / IXe ap. J.-C.,
al-Dînawarî entama une classification et une étude complète des plantes dans Le livre des plantes (Kitâb an-nabât), publié en six volumes dont deux seulement nous sont parvenus. Il y décrit plusieurs centaines d’entre elles et étudie leurs phases de croissance.

A partir du IIIe H. / IXe siècle ap. J.-C. puis au IVe H. / Xe siècle, les auteurs commencèrent à publier des ouvrages consacrés exclusivement aux plantes médicinales, puisant dans la Matière médicale de Dioscoride, auteur du Ier siècle ap. J.-C, mais aussi dans les œuvres d’Hippocrate, de Galien, etc. Ainsi, ibn al-Jazzâr (mort en 369 H. / 979 ap. J.-C.) rédigea un ouvrage sur les plantes médicinales qui connut un grand succès au Moyen Âge dans ses différentes traductions (latin, grec, hébreu). Ibn Sînâ (Avicenne) dans Le livre de la guérison, aborda la constitution des plantes, les fonctions de chaque partie de la plante (feuilles, fruits, etc.), la façon dont elles s’alimentent. Al-Ghâfiqî écrivit un Traité des simples qui fut l’une des bases du grand dictionnaire d’ibn al-Baytâr, Le Livre des simples.

Les récits de voyage furent une source d’information très précieuse pour découvrir de nouvelles plantes. Ainsi, ibn Battutâ dans ses Voyages et périples, décrit la flore des pays qu’il visite et plus particulièrement tout ce qui lui paraît étrange et merveilleux. Ainsi, en Inde, il découvrit le manguier.
Ibn Hawqal, visitant la Sicile en 362-363 H. / 972-973 ap. J.-C., remarque que le safran y pousse de façon naturelle.


Al-Ghâfîqî,
Traité sur les vertus des plantes
Manuscrit daté de 990 H. / 1582 ap. J.-C.
Le Caire, musée d’Art islamique, n°inv. 3907

le jasmin
Plante odoriférante, le nom de jasmin vient de l’arabe yâsmîn qui a lui-même emprunté son nom au persan. On en connaissait deux espèces, Jasminum officinale d’Inde et J. sambac d’Arabie (le fol égyptien) ; par macération des fleurs, on en tirait une huile parfumée très appréciée.


Al-Ghâfîqî,
Traité sur les vertus des plantes
Manuscrit daté de 990 H. / 1582 ap. J.-C.
Le Caire, musée d’Art islamique, n°inv. 3907

la rose
Plante recherchée pour son parfum, la rose entrait également dans la composition de nombreux remèdes.
Les roses connues étaient déjà nombreuses :
Rosa canina, églantier indigène en Méditerranée, Rosa damasquena, la rose blanche de Damas dégageait un parfum suave. Mais si l’on recherchait les roses rouges pour la bonté de leur eau, on s’intéressait aux couleurs étonnantes comme celle noire de la rose d’Iraq que cite Al-Ghâfiqî. Ses qualités, froide et sèche, la rendent propre à resserrer les organes, soulager les fièvres et l’ivresse.


Al-Ghâfîqî,
Traité sur les vertus des plantes
Manuscrit daté de 990 H. / 1582 ap. J.-C.
Le Caire, musée d’Art islamique, n°inv. 3907

La camomille
Dans l’ouvrage d’ibn al-Baytâr, Le livre des médicaments simples et des aliments, la camomille (babounj, nom dérivé du persan) est présentée à la lettre B. C’est la camomille romaine, Anthemis nobilis L. L’auteur dresse une liste des différents noms de la plante, ses couleurs, évoque le temps de la récolte. Elle était cultivée en Espagne comme plante médicinale.


Al-Ghâfîqî,
Traité sur les vertus des plantes
Manuscrit daté de 990 H. / 1582 ap. J.-C.
Le Caire, musée d’Art islamique, n°inv. 3907

le gingembre
Utilisé pour son effet aphrodisiaque, le gingembre était le rhizome séché importé de l’Inde du sud. Vendu chez les apothicaires, il était une drogue coûteuse pour être chaud et sec au 3è degré et l’un des arômes de la haute cuisine d’Irak au IVe H. / Xe siècle ap. J.-C.


Al-Ghâfîqî,
Traité sur les vertus des plantes
Manuscrit daté de 990 H. / 1582 ap. J.-C.
Le Caire, musée d’Art islamique, n°inv. 3907

l’olivier
Commun en Méditerranée, l’olivier, shajar az-zîtûn, fut tôt importé en Egypte mais sa culture n’était pas très rentable et il y eut toujours des importations d’huile d’olive de Palestine et de Syrie.


Al-Ghâfîqî,
Traité sur les vertus des plantes
Manuscrit daté de 990 H. / 1582 ap. J.-C.
Le Caire, musée d’Art islamique, n°inv. 3907

le safran
Le safran, couleur de soleil et de sang, était la plus prisée et la plus onéreuse des teintures orientales. Aromate très apprécié en cuisine, il entrait dans la composition de boissons et de nombreux parfums et était également utilisé dans les préparations médicinales; son usage se répandit dans l’ensemble du monde arabo-musulman.

F. Aubaile


+ d'infos sur :
les savants
Al-Dînawarî
Hippocrate
Galien
Ibn Sînâ
Al-Ghâfiqî
Ibn al-Baytâr
Ibn Battutâ

Les plantes
Les jardins arabes
Les minéraux